In Platonis Phaedrum Scholia: 258e6

σχολή

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Σωκράτης
σχολή μὲν δή, ὡς ἔοικε:

Socrate
Et nous avons le temps, il semblerait:

Platon, Phèdre, 258e6-258e6

Voici que l’on recommence à parler de σχολή. Au début du dialogue, il en avait été souvent question: est-ce que Socrate aurait le temps pour écouter Phèdre? Il faut du temps pour composer des beaux discours comme Lysias, cela ne s’improvise pas. Et encore: il faut du temps à perdre pour s’interroger sur la vérité ou pas des mythes.

Il est toujours question d’avoir du temps vide, du temps non occupé. Le temps, le temps vide, le temps oisif, la σχολή est la condition de possibilité de la philosophie et, plus en général, de la pensée. Il faut avoir du temps vide à disposition pour pouvoir philosopher. Il faut trouver ce temps.

Cette réplique ouvre donc la discussion qui vient et le nouveau sujet qui a, jusqu’à présent, seulement été évoqué: que signifie écrire bien ou mal.

L’importance de la σχολή est fondamentale et il faudrait bien la tenir en tête aujourd’hui: il faut trouver le temps, il faut vider le temps, il faut préférer la σχολή à l’ἀσχολία, la non occupation à l’occupation. Rappelons-le une autre fois: en grec le mot ἀσχολία est la négation (avec alpha privatif) de l’oisiveté. On dit donc: la non oisiveté. L’occupation est un concept logiquement négatif. C’est tout le contraire dans notre monde capitaliste, avec son horror vacui. Être non occupé semble presque un crime. Il faut toujours dire que nous sommes très occupés, très chargés, débordés, que nous n’avons pas le temps. Mais peut-être faudrait-il changer d’attitude et recommencer à priser l’oisiveté, à en revendiquer la primauté.

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