In Platonis Phaedrum Scholia: 255a6-10

χρεών, ὁμιλία, νόμος

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Σωκράτης
ἐὰν ἄρα καὶ ἐν τῷ πρόσθεν ὑπὸ συμφοιτητῶν ἤ τινων ἄλλων διαβεβλημένος ᾖ, λεγόντων ὡς αἰσχρὸν ἐρῶντι πλησιάζειν, καὶ διὰ τοῦτο ἀπωθῇ τὸν ἐρῶντα, προϊόντος δὲ ἤδη τοῦ χρόνου ἥ τε ἡλικία καὶ τὸ χρεὼν ἤγαγεν εἰς τὸ προσέσθαι αὐτὸν εἰς ὁμιλίαν:

Socrate
et si avant il avait été trompé par les camarades ou par quelqu'un d'autre qui disaient qu'il est honteux de se donner à quelqu'un qui t'aime et si pour cette raison il l'avait repoussé, avec le temps, l'âge et la force des choses le poussent à l'accepter dans son intimité:

Platon, Phèdre, 255a6-255a10

Dans le discours de Lysias et dans le premier discours de Socrate il avait été souvent question du fait que les familiers et les amis auraient vu d’un mauvais œil les fréquentations amoureuses du jeune. Il y avait donc un préjugé social négatif par rapport à ce type de rapports. C’était justement un des arguments de Lysias pour déconseiller de se donner à un amoureux: le νόμος interdit des rapports qui soient fondés sur la volonté d’assouvir son désir sexuel.

Ici il s’agit donc de contrer un tel argument. Il s’agissait d’un argument trompeur dont la fausseté sera facilement identifiée par l’aimé lorsque l’amoureux sera vraiment touché par l’amour. La raison n’est pas explicitée, mais elle est claire: dans le cas du véritable amour, le mauvais cheval - qui représente le désir charnel - a été vaincu. Le désir n’est plus ce qui caractérise en premier le rapport.

C’est cette vérité qui est révélée avec le temps (προϊόντος δὲ ἤδη τοῦ χρόνου), avec la maturité (ἡλικία) et par la force des choses (χρεών). Il y a une sorte de nécessité intrinsèque à l’amour: il finira par se révéler en sa vraie nature.

L’amour s’impose donc, et l’acceptation de l’intimité de l’amoureux est une nécessité presque logique.

χρεών, ὁμιλία, νόμος scholia