In Platonis Phaedrum Scholia: 242a3-7

σταθερός, ἵστημι

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Φαῖδρος
μήπω γε, ὦ Σώκρατες, πρὶν ἂν τὸ καῦμα παρέλθῃ. ἢ οὐχ ὁρᾷς ὡς σχεδὸν ἤδη μεσημβρία ἵσταται ἡ δὴ καλουμένη σταθερά; ἀλλὰ περιμείναντες καὶ ἅμα περὶ τῶν εἰρημένων διαλεχθέντες, τάχα ἐπειδὰν ἀποψυχῇ ἴμεν.

Phèdre
Socrate, pas avant que la chaleur ne soit passée. Ne vois-tu pas qu'il est presque midi, l'heure qu'on appelle immobile? Restons donc ici à discuter des choses que nous avons dites et quand il fera plus frais, nous partirons.

Platon, Phèdre, 242a3-242a7

Au mouvement de Socrate, à sa tentative de fugue, Phèdre oppose la stase, l’immobilité. C’est encore le lieu et le temps, la situation matérielle qui dicte ce qu’on doit faire.

Il faut attendre que la chaleur (τὸ καῦμα) parte, il faut attendre le mouvement en ce moment où tout est immobile. Le verbe utilisé pour dire qu’il est midi est ἵστημι, un verbe d’état - comme stare en italien - : être, mais aussi rester, garder une position, continuer à être ce qu’on est. La moitié de la journée (μεσημβρία) reste immobile, comme le soleil, immobile au zénith. Et c’est pour cette stase que cette heure est appelée - nous dit Phèdre - l’“immobile” σταθερά, même racine du verbe ἵστημι.

L’immobilité insistante de la situation externe implique une stase semblable pour les deux personnages qui doivent continuer à faire ce qu’ils sont en train de faire: discuter.

Un détail important: il est donc midi. Je me trompais en pensant que c’était la fin de l’après-midi. Ce détail explicite, nous fait repenser au début du dialogue. Il devait alors être dix ou onze heures. Cela signifie que Phèdre n’a pas passé autant de temps chez Lysias. Il y était depuis l’aube - admettons six heures? - et à dix heures il était déjà en train de se promener.

σταθερός, ἵστημι scholia