In Platonis Phaedrum Scholia: 260d9-e1

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Σωκράτης
τόδε δ᾽ οὖν μέγα λέγω, ὡς ἄνευ ἐμοῦ τῷ τὰ ὄντα εἰδότι οὐδέν τι μᾶλλον ἔσται πείθειν τέχνῃ.
Φαῖδρος
οὐκοῦν δίκαια ἐρεῖ, λέγουσα ταῦτα;

Socrate
Et j'affirme avec force que sans moi, celui qui connait l'essence, ne gagnera rien par rapport à l'art de persuader.
Phèdre
Ne dirait-il pas le vrai en disant cela?

Platon, Phèdre, 260d9-260e1

L’argument de l’art oratoire est très fort: il ne concerne pas le fond, le contenu, mais la forme. Si quelqu’un connaît la vérité il ne sera donc pas affecté négativement par l’art oratoire. L’argument est élégant car minimaliste: pour répondre à l’accusation de Socrate il n’est pas nécessaire de montrer que l’art oratoire produit un bénéfice, il suffit de démontrer qu’il ne produit pas de mal. La connaissance de la vérité est indépendante de l’art oratoire, et donc cet art n’a rien à faire avec cela.

Dans ce sens, nous dit l’art oratoire dans sa prosopopée, si quelqu’un prend un âne pour un cheval, il n’y est pour rien; cette confusion aurait été faite même sans lui. Et par contre, si quelqu’un sait ce qu’est un cheval, cette connaissance ne sera pas amoindrie par l’art oratoire.

Phèdre semble convaincu. Comment fera Socrate pour démonter un argument si fort?

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