In Platonis Phaedrum Scholia: 251d9-e4

θέω, matérialité

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Σωκράτης
ἐκ δὲ ἀμφοτέρων μεμειγμένων ἀδημονεῖ τε τῇ ἀτοπίᾳ τοῦ πάθους καὶ ἀποροῦσα λυττᾷ, καὶ ἐμμανὴς οὖσα οὔτε νυκτὸς δύναται καθεύδειν οὔτε μεθ᾽ ἡμέραν οὗ ἂν ᾖ μένειν, θεῖ δὲ ποθοῦσα ὅπου ἂν οἴηται ὄψεσθαι τὸν ἔχοντα τὸ κάλλος:

Socrate
À cause du mélange de ces deux états, l'âme est inquiète pour un sentiment de désorientation et sans savoir quoi faire elle s'enrage et étant furieuse elle ne peut se reposer ni de nuit ni de jour, elle court avec désir là où elle présume qu'elle verra celui qui a la beauté.

Platon, Phèdre, 251d9-251e4

C’est encore l’âme la protagoniste de ce discours. N’est-ce pas étonnant? Ce n’est pas l’être humain qui est désorienté, mais son âme. Ce n’est pas l’être humain qui désire et qui court, c’est l’âme. Le mélange de joie et souffrance n’est pas quelque chose qui affecte un corps, mais l’âme en tant que telle. C’est l’âme qui est furieuse et qui n’arrive pas à se reposer, ni de jour ni de nuit. La représentation classique de l’amoureux, qui n’arrive pas à dormir ni à trouver la paix est utilisée pour parler de l’âme.

L’âme, immatérielle, déchue dans un corps humain, retrouve ses ailes dans ce sentiment corporel qui est le désir pour un beau garçon. L’âme court (θέω) là où elle espère voir son aimé.

La matérialité de l’âme, encore une fois, est frappante.

θέω, matérialité scholia