In Platonis Phaedrum Scholia: 245e3-5

ψυχή, αἰσχύνω, αὐτοκίνητος, οὐσία, λόγος

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Σωκράτης
ἀθανάτου δὲ πεφασμένου τοῦ ὑφ᾽ ἑαυτοῦ κινουμένου, ψυχῆς οὐσίαν τε καὶ λόγον τοῦτον αὐτόν τις λέγων οὐκ αἰσχυνεῖται.

Socrate
Ayant démontré que ce qui se meut tout seul est immortel, quelqu'un qui dit que cela même est l'essence et la définition de l'âme ne serait pas à blâmer.

Platon, Phèdre, 245e3-245e5

La définition de l’âme arrive ici: si l’âme est ce qui donne le mouvement, on peut imaginer qu’elle est ce principe premier immortel que l’on vient de décrire.

Cette dernière phrase fait comprendre la nature des arguments précédents: ils ne sont pas des démonstrations, mais plutôt des axiomes. Ils constituent les définitions de départ sur lesquelles sera basé le raisonnement suivant. Cela justifie l’allure quelque peu tautologique des phrases précédentes. Il ne s’agissait pas vraiment de démontrer que l’âme est immortelle, mais de l’affirmer. Cette affirmation est, somme toute, raisonnable et quelqu’un qui la soutienne ne pourrait pas être blâmé.

La tournure de cette phrase est intéressante: à la lettre on dit qu’il n’y aurait pas à avoir honte (αἰσχύνω) d’une telle définition (λόγος). L’âme est, par définition, ce qui meut les autres choses. Et elle est le principe du mouvement, elle est là depuis toujours et pour toujours.

Ou mieux: s’il y a quelque chose de ce type, alors ce quelque chose on l’appellera âme.

ψυχή, αἰσχύνω, αὐτοκίνητος, οὐσία, λόγος scholia