In Platonis Phaedrum Scholia: 243e7-244a2

incipit

Lire les autres billets de la série

Σωκράτης
οὑτωσὶ τοίνυν, ὦ παῖ καλέ, ἐννόησον, ὡς ὁ μὲν πρότερος ἦν λόγος Φαίδρου τοῦ Πυθοκλέους, Μυρρινουσίου ἀνδρός: ὃν δὲ μέλλω λέγειν, Στησιχόρου τοῦ Εὐφήμου, Ἱμεραίου.

Socrate
Donc, beau garçon, tu dois savoir que le premier discours était de Phèdre fils de Pythoclès, citoyen de Myrrhinos; celui que je m'apprête à dire est de Stésichore, fils d’Euphémos, né à Himère

Platon, Phèdre, 243e7-244a2

Commence un nouveau discours. Ici on n’invoque pas les Muses, Socrate se passe de tout préambule baroque et faussement inspiré. Il s’adresse directement au beau garçon (ὦ παῖ καλέ) auquel il a tenu le premier discours. Or ce premier garçon n’est autre que Phèdre.

Phèdre qui écoute est donc aussi Phèdre qui a parlé. Phèdre a prononcé le discours de Lysias et Phèdre a produit, provoqué, le discours de Socrate dont il a été, en même temps, le destinataire. Le premier discours était de Phèdre, mais ce second est de quelqu’un d’autre.

Socrate avec cet incipit dissocie Phèdre du discours: après avoir affirmé qu’il est responsable de beaucoup de discours, qu’il en a produit un grand nombre et que c’est toujours grâce à lui qu’il y aura un nouveau discours, ici il nie que Phèdre soit responsable de ce qui va se passer. Le discours qui va venir lui échappe, il n’est pas le fruit de ses productions.

Il est de Stésichore, car c’est une palinodie, et peut-être pour son niveau plus élevé.

On pourrait discuter longtemps sur ce que ces deux attributions veulent dire. Hérmias le fait, en s’aventurant dans des complexes analyses étymologiques des prénoms. Mais la chose la plus importante, encore une fois, est de remarquer que le parlant n’est jamais l’auteur, ni le responsable de ce qu’il dit.

incipit scholia