In Platonis Phaedrum Scholia: 237d10-e2

ὁμονοέω, στασιάζω, dualisme, dichotomie

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Σωκράτης
τούτω δὲ ἐν ἡμῖν τοτὲ μὲν ὁμονοεῖτον, ἔστι δὲ ὅτε στασιάζετον: καὶ τοτὲ μὲν ἡ ἑτέρα, ἄλλοτε δὲ ἡ ἑτέρα κρατεῖ.

Socrate
Ces deux en nous parfois sont en accord, mais parfois ils sont en lutte; et des fois c'est l'un et d'autres c'est l'autre qui prévaut.

Platon, Phèdre, 237d10-237e2

Le numéro deux s’affirme dans toute sa force dans cette analyse. La dichotomie est la méthode de recherche, c’est le fondement qui permet de faire adapter le discours au monde. Car le monde est construit sur la dualité et la méthode dichotomique permet d’adapter le discours à ce monde binaire. Par ailleurs cette même idée révèle un métadualisme, justement: l’opposition entre monde et discours.

Il y a donc deux cas possibles. Les deux principes peuvent être en accord, ils peuvent avoir la même idée (ὁμονοέω) ou être en désaccord et lutter l’un contre l’autre (στασιάζω). Il est donc possible que la recherche des plaisirs coïncide avec la recherche du meilleur. Mais dans le second cas, les deux luttent et, ici aussi, il y a deux possibilités: c’est le premier qui prévaut ou alors c’est le second.

Il est intéressant de souligner que ces principes pensent. On dit justement qu’ils peuvent “penser la même chose”: ὁμονοέω. On dit par ailleurs que le second principe est une opinion (δόξα). Ces forces en nous ont donc une pensée autonome. Ce n’est pas “nous” qui pensons, mais eux “en nous” (ἐν ἠμῖν).

ὁμονοέω, στασιάζω, dualisme, dichotomie scholia