In Platonis Phaedrum Scholia: 233b6-b7

ἐλεέω, ζηλόω

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Φαῖδρος
ὥστε πολὺ μᾶλλον ἐλεεῖν τοῖς ἐρωμένοις ἢ ζηλοῦν αὐτοὺς προσήκει.

Phèdre
de cette manière il arrive bien plus souvent aux aimés d'avoir pitié pour les amoureux que de les admirer.

Platon, Phèdre, 233b6-233b7

Un nouvel argument apparaît ici, au détour d’une phrase. Lysias n’insiste pas beaucoup sur cette idée qui est pourtant très forte: le manque de maîtrise de soi de l’amoureux implique le mépris de l’aimé.

En voyant l’amoureux dans son état de malade, l’aimé aura de la pitié pour lui, peut-être, mais surement pas de l’admiration. Deux verbes, ἐλεέω et ζηλόω qui renvoient clairement à une différence hiérarchique: celui qui peut se permettre d’avoir pitié est au dessus de celui pour qui il éprouve de la pitié; celui qui admire est en dessous de celui qui est admiré. L’aimé devient donc supérieur par rapport à l’amoureux en renversant ainsi les rôles. Car l’aimé devrait apprendre de l’amoureux, il devrait l’admirer et essayer de l’émuler, de l’imiter, d’être comme lui. L’amoureux devrait être son maître tandis qu’il devient une pauvre chose dont il faut avoir pitié.

C’est presque dommage que Lysias n’insiste pas sur cet argument car il est probablement le plus fort rencontré jusqu’ici: l’amour met dans un état qui ne permet pas la réalisation de ce qu’on attend d’une relation amoureuse de type pédérastique. L’amour produit l’effet contraire par rapport à ce que l’aimé voudrait.

ἐλεέω, ζηλόω scholia