Marcello Vitali-Rosati est professeur au département des littératures de langue française de l'Université de Montréal.

Si l'on se préoccupait de l'achèvement des choses, on n'entreprendrait jamais rien

Culture numérique (Lyon)

ISSN 2269-577X

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In Platonis Phaedrum Scholia: 273d2-7

2022-09-15 13:56:00+00:00

ἀλήθεια εἰκὸς

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Σωκράτης
ὅτι, ὦ Τεισία, πάλαι ἡμεῖς, πρὶν καὶ σὲ παρελθεῖν, τυγχάνομεν λέγοντες ὡς ἄρα τοῦτο τὸ εἰκὸς τοῖς πολλοῖς δι᾽ ὁμοιότητα τοῦ ἀληθοῦς τυγχάνει ἐγγιγνόμενον: τὰς δὲ ὁμοιότητας ἄρτι διήλθομεν ὅτι πανταχοῦ ὁ τὴν ἀλήθειαν εἰδὼς κάλλιστα ἐπίσταται εὑρίσκειν.

Socrate
Que: Tisias, déjà avant, nous-autres, avant que tu n'aparaisses, nous disions que le vraisemblable semble tel pour la plupart des gens à cause de sa similitude avec le vrai; de cette similitude nous avons dit avant que celui qui connaît la vérité sait la découvrir mieux.

Platon, Phèdre, 273d2-273d7

Voici la simple réponse que Socrate propose à Tisias, ou plus en général à l'idée qui lui est attribuée: le vraisemblable, le εἰκὸς, est ce qui ressemble à la vérité. Mais alors pour le connaître et pour trouver ce qui est vraisemblable il est mieux (ici Socrate ne dit pas nécessaire, mais juste "mieux") de connaître le vrai. Comment serait-il possible, en effet, de trouver une chose qui ressemble à une autre si l'on ne connaît pas cette seconde chose.

Cette idée a déjà été formulée lors de l'exemple de l'âne et du cheval - et c'est en ce sens que Socrate insiste sur le "avant". Il ne s'agit donc maintenant que de répéter ce qui a déjà été dit.