{"id":34,"date":"2014-07-22T09:50:05","date_gmt":"2014-07-22T09:50:05","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/?p=34"},"modified":"2017-06-14T16:14:09","modified_gmt":"2017-06-14T16:14:09","slug":"una-linea-de-polvo-de-santiago-rueda-art-et-drogue-en-colombie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/2014\/07\/22\/una-linea-de-polvo-de-santiago-rueda-art-et-drogue-en-colombie\/","title":{"rendered":"Una l\u00ednea de polvo, de Santiago Rueda. Art et drogue en Colombie."},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Rueda, Santiago. <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>Una l\u00ednea de polvo<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">. Colecci\u00f3n de ensayos sobre el arte colombiano. Alcad\u00eda Mayor de Bogot\u00e1, 2009.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les informations pr\u00e9sentent la r\u00e9alit\u00e9 de mani\u00e8re br\u00e8ve et d\u00e9cousue qui n\u2019incite pas \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation ; l\u2019art en revanche, ouvre la possibilit\u00e9 de percevoir la r\u00e9alit\u00e9 vue ordinairement avec indiff\u00e9rence, d\u2019une autre fa\u00e7on : comme exp\u00e9rience propre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\"> La r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019artiste a somatis\u00e9e reste repr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre d\u2019art. Le livre de Santiago Rueda est une critique socio-historique du probl\u00e8me du narcotrafic \u00e0 travers l\u2019\u00e9nonciation de diverses \u0153uvres d\u2019art contemporain. Ces \u0153uvres, qui peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es d\u2019art politique et m\u00eame parfois d\u2019actes politiques, sont \u00e9labor\u00e9es par des artistes que Rueda surnomme somatico-politiques, car ils ont somatis\u00e9 le contexte l\u00e9gal, politique, \u00e9conomique et g\u00e9ographique qui les entoure.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Santiago Rueda commence son \u0153uvre avec une photographie \u00ab<\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">Esto no es una pipa\u00a0\u00bb de Camilo Restrepo. \u0152uvre qui sans aucun doute fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Magritte \u00ab\u00a0Ceci n\u2019est pas une pipe\u00a0\u00bb. Comme l\u2019\u0153uvre de Magritte, l\u2019\u0153uvre de Restrepo est bas\u00e9e sur le principe que la repr\u00e9sentation d\u2019un objet n\u2019est pas l\u2019objet lui-m\u00eame. Mais l\u2019ironie de Restrepo est beaucoup plus politique. Il s\u2019agit de plusieurs sculptures en forme de pipe fabriqu\u00e9es avec une centaine de pipes utilis\u00e9es pour fumer le <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>bazuco<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> que l\u2019artiste a collect\u00e9es dans les ventes clandestines de la ville de Bogota. Le <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>bazuco<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> est une substance \u00e9labor\u00e9e avec les restes des d\u00e9chets de la coca\u00efne, de l\u2019essence et de l\u2019acide sulfurique. Le <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>bazuco<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> est consomm\u00e9 par les gens de la rue, par tous ces toxicomanes qui n\u2019ont pas le sou pour s\u2019acheter un gramme de coca\u00efne. Les pipes qu\u2019il a collect\u00e9es ne sont pas non plus vraiment des pipes, ou ne l\u2019\u00e9taient pas \u00e0 l\u2019origine\u00a0; elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par les drogu\u00e9s avec des stylos bille, des marqueurs, des seringues ou des tubes. Cette esp\u00e8ce de mise en abyme (une pipe faite de pipes), indique plusieurs aspects du probl\u00e8me des drogues en Colombie, comme la pauvret\u00e9, l\u2019addiction et la production de ces drogues.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">L\u2019\u00e9tude que Rueda fait du probl\u00e8me est bas\u00e9e sur l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle le terme de narcotrafic n\u2019est pas appropri\u00e9, puisqu\u2019il exclut les b\u00e9n\u00e9fices et la responsabilit\u00e9 des pays consommateurs, qui obtiennent des gains \u00e9conomiques du blanchiment d\u2019actifs, du trafic de produits chimiques et de la vente d\u2019armes aux pays producteurs.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Santiago Rueda fait un parcours historique qui commence dans les ann\u00e9es quatre-vingt, \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019il appelle la lune de miel entre le gouvernement et le narcotrafic, une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on ne pourchassait pas les narcotrafiquants. Dans son parcours historique, Rueda d\u00e9crit la fa\u00e7on dont les classes dirigeantes, l\u2019absence de modernit\u00e9, la guerre sale entre le gouvernement et les groupes r\u00e9volutionnaires, et les politiques prohibitionnistes ont d\u00e9bouch\u00e9 sur la narco-violence, qui a laiss\u00e9 des milliers de morts, des centaines de s\u00e9questr\u00e9s, a rempli les villes d\u2019attentats terroristes et a gravement menac\u00e9 la libert\u00e9 de la presse.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Dans les ann\u00e9es quatre-vingt, il n\u2019y a pas vraiment eu d\u2019\u0153uvres plastiques ou visuelles qui rendaient compte du conflit. A la place, il y avait des travaux abstraits aux motifs indig\u00e8nes ou qui comm\u00e9moraient la d\u00e9couverte de l\u2019Am\u00e9rique. Les ann\u00e9es quatre-vingt-dix, \u00e0 l\u2019inverse, ont commenc\u00e9 avec un changement id\u00e9ologique chez les artistes, qui ont fait des approches critiques au probl\u00e8me.\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium\">L\u2019\u0153uvre Anexo 273 est une sculpture que l\u2019artiste Juan Fernando Herr\u00e1n a pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la V<\/span><sup><span style=\"font-size: medium\">\u00e8me<\/span><\/sup><span style=\"font-size: medium\"> Biennale de Bogota en 1996. Cette \u0153uvre montre des bo\u00eetes de couleur fuchsia avec des \u00e9toiles faisant allusion \u00e0 l\u2019argent dont le cartel de Cali a probablement fait donation p<\/span><span style=\"font-size: medium\">our la campagne pr\u00e9sidentielle de l\u2019ex-pr\u00e9sident Ernesto Samper Pizano.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre2.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-36 aligncenter\" src=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre2-167x300.jpg\" alt=\"Sans titre2\" width=\"167\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre2-167x300.jpg 167w, https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre2.jpg 253w\" sizes=\"(max-width: 167px) 100vw, 167px\" \/><\/a><em>Anexo 273<\/em> de Juan Fernando\u00a0\u00a0Herr\u00e1n<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">A la fin des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, l\u2019\u00e9chec de la gu\u00e9rilla des FARC en tant que projet r\u00e9volutionnaire a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 pour devenir ce que Rueda qualifie de groupe arm\u00e9 <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>n\u00e9olib\u00e9ral<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">, c\u2019est-\u00e0-dire un groupe qui entre dans le commerce des cultures illicites, du p\u00e9trole, des \u00e9meraudes et de la banane en utilisant la violence comme instrument pour assurer ses finances. En 1999 est con\u00e7u le plan Colombie, qui comprenait un total de 7 milliards de dollars, dont 3 milliards devaient \u00eatre un don des Etats-Unis.\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium\">Cette politique \u00e9tasunienne pour soutenir la lutte contre le trafic de drogues en Colombie n\u2019\u00e9tait ni d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, ni ne visait qu\u2019\u00e0 diminuer le narcotrafic\u00a0; ainsi, l\u2019apport des 4 milliards de\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium\">dollars du gouvernement colombien devait \u00eatre investi dans l\u2019achat de produits chimiques de fumigation et dans l\u2019armement vendus par les Etats-Unis.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment en 1999 que le groupe Statu quo a fait son apparition; il s&rsquo;agit du groupe le plus repr\u00e9sentatif de la critique des stups au travers des arts.\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium\">Ce groupe d\u00e9bute dans le genre narco avec ses expositions d\u2019art conceptuel. L\u2019apparition du groupe co\u00efncide avec le Global Coceptualism et la Premi\u00e8re Biennale du Mercosur, expositions internationales sur le conceptualisme en Am\u00e9rique Latine.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Dans les ann\u00e9es 2000, une nouvelle vague d\u2019artistes conceptuels utilise la satire pour expliquer les nouvelles pr\u00e9occupations qu\u2019apporte la d\u00e9cennie. Au Salon National des Artistes de 2001, Fabi\u00e1n Montenegro pr\u00e9sente comme oeuvre une entreprise de fabrication et de distribution de drogue en gros, constitu\u00e9e l\u00e9galement.\u00a0<\/span><span style=\"font-size: medium\">Montenegro pr\u00e9sente sa marque d\u00e9pos\u00e9e avec son mat\u00e9riel promotionnel correspondant. L\u2019artiste y inclut une charte dans laquelle il explique pourquoi la l\u00e9galisation est l\u2019unique processus valable, logique et rentable pour en finir avec la narco-violence au sein des r\u00e8gles de la libert\u00e9 de march\u00e9. Cette \u0153uvre constitue une critique ironique du capitalisme et du lib\u00e9ralisme.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Untitled-3.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-37 aligncenter\" src=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Untitled-3-300x165.jpg\" alt=\"Untitled 3\" width=\"300\" height=\"165\" srcset=\"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Untitled-3-300x165.jpg 300w, https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Untitled-3.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><em>Snow Drogas e.u<\/em>, de\u00a0Fabi\u00e1n Montenegro<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Aussi, en 2001, l\u2019artiste Wilson D\u00edaz participe \u00e0 un <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>ready made<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> lors d\u2019un atelier international \u00e0 Curazao. Pour ce <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>ready made<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">, D\u00edaz s\u2019inspire de l\u2019\u0153uvre <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>Merde d\u2019Artiste<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> de Piero Manzoni, qui a vendu 90 bo\u00eetes de conserves avec ses excr\u00e9ments, dont le poids a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 par son \u00e9quivalent en poids d\u2019or. L\u2019\u0153uvre de Manzoni va au-del\u00e0 de la r\u00e9flexion sur l\u2019art, elle se constitue en une critique ironique du march\u00e9 de l\u2019art, de la fa\u00e7on dont le capitalisme r\u00e9duit l\u2019art \u00e0 une simple valeur \u00e9conomique. A l\u2019instar de la s\u00e9rie <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>Esto no es una pipa<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> de Restrepo, Wilson D\u00edaz a port\u00e9 le concept au-del\u00e0 de la r\u00e9flexion m\u00e9ta-artistique. Celui de D\u00edaz est un acte politique. Wilson D\u00edaz a aval\u00e9 30 graines de coca en Colombie, les a d\u00e9f\u00e9qu\u00e9es \u00e0 Curazao, et les a arros\u00e9es pour faire germer les plantes. Avec ce <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>ready made<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">, D\u00edaz a fait allusion \u00e0 la condamnation absurde de la plante, \u00e0 la situation des mules et m\u00eame \u00e0 l\u2019essence de l\u2019art conceptuel.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Entre les ann\u00e9es 2002 et 2005, Jaime \u00c1vila a fait une s\u00e9rie intitul\u00e9e <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>La vie est une passerelle<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">. Il s\u2019agit d\u2019une s\u00e9rie de photographies d\u2019habitants de la rue d\u00e9pendants du <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>bazuco<\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\"> qui parodie l\u2019esth\u00e9tique des revues de mode.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre4.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-38 aligncenter\" src=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre4-300x263.jpg\" alt=\"Sans titre4\" width=\"300\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre4-300x263.jpg 300w, https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre4.jpg 496w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: medium\">Avec ce m\u00eame esprit de pasticher la culture de masse mais incluant un compromis politique, beaucoup d\u2019artistes colombiens ont expos\u00e9 leurs \u0153uvres dans des galeries nationales et internationales entre les ann\u00e9es quatre-vingt-dix et la premi\u00e8re d\u00e9cennie des ann\u00e9es 2000. La parodie de la taxinomie botanique, l\u2019usage de la plante et l\u2019usage de la drogue transform\u00e9e en mat\u00e9riel de travail sont tr\u00e8s fr\u00e9quents dans ces \u0153uvres, qui sont toujours accompagn\u00e9es de satire politique, d\u2019humour noir et de critique sociale. L\u2019interpr\u00e9tation que Santiago Rueda fait des \u0153uvres contemporaines laisse place, dans son livre, \u00e0 la constitution d\u2019une r\u00e9flexion sur les droits de l\u2019Homme et la culture colombienne en relation avec la production et la consommation de drogues dans le pays.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-39 aligncenter\" src=\"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre5-300x164.jpg\" alt=\"Sans titre5\" width=\"300\" height=\"164\" srcset=\"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre5-300x164.jpg 300w, https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/07\/Sans-titre5.jpg 302w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Santiago Rueda<\/p>\n<p style=\"text-align: left\" align=\"JUSTIFY\">Texte original par Edna C\u00f3rdoba, \u00a003\/2014. \u00ab\u00a0Una l\u00ednea de polvo, de Santiago Rueda\u00a0\u00bb,\u00a0La Cl\u00e9 des Langues (Lyon: ENS LYON\/DGESCO). ISSN 2107-7029,\u00a0<strong><a href=\"http:\/\/cle.ens-lyon.fr\/espagnol\/una-linea-de-polvo-de-santiago-rueda-225471.kjsp?RH=CDL_ESP100000\">ici<\/a><\/strong>.<br \/>\nTraduction: Pauline Givonetti.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rueda, Santiago. Una l\u00ednea de polvo. Colecci\u00f3n de ensayos sobre el arte colombiano. 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