{"id":269,"date":"2022-12-14T11:33:16","date_gmt":"2022-12-14T11:33:16","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/?p=269"},"modified":"2022-12-15T09:25:41","modified_gmt":"2022-12-15T09:25:41","slug":"podcast-avec-hugo-pradelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/2022\/12\/14\/podcast-avec-hugo-pradelle\/","title":{"rendered":"Podcast avec Hugo Pradelle, co-organisateur du Salon de la Revue"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>32\u00ba Salon de la Revue \u2013 Paris, 16 octobre 2022<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-spreaker wp-block-embed-spreaker wp-embed-aspect-9-16 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" title=\"Entretien Hugo Pradelle - 32e Salon de la Revue\" src=\"https:\/\/widget.spreaker.com\/player?episode_id=51977843&#038;theme=light&#038;playlist=false&#038;cover_image_url=https%3A%2F%2Fd3wo5wojvuv7l.cloudfront.net%2Fimages.spreaker.com%2Foriginal%2Fb5fa4b2d02276ae2a8229e17354c908d.jpg#?secret=cDABW3b5QJ\" data-secret=\"cDABW3b5QJ\" width=\"900\" height=\"1000\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Est-ce que vous pourriez vous pr\u00e9senter, s\u2019il vous pla\u00eet ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis Hugo Pradelle, je travaille \u00e0 <em>Ent\u2019revues<\/em>, avec Yannick nous organisons le Salon. Moi, plus sp\u00e9cifiquement, je m\u2019occupe de la programmation des diff\u00e9rentes rencontres sur les deux jours (il y a une trentaine de rencontres), c\u2019est une de mes fonctions. Par ailleurs, je suis le codirecteur d\u2019un journal en ligne qui s\u2019appelle <em>En attendant Nadeau<\/em> et je suis prof \u00e0 Sciences po.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Prof de quoi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autour de la litt\u00e9rature contemporaine, j\u2019essaye de d\u00e9bourrer le cr\u00e2ne d\u2019\u00e9tudiants sciencespistes et de leur expliquer qu\u2019il faut lire des livres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>On peut le faire de temps en temps. Puisque vous avez parl\u00e9 justement de vos fonctions au sein d\u2019<\/strong><strong><em>Ent\u2019revues<\/em><\/strong> <strong>et d\u2019<\/strong><strong><em>En attendant Nadeau<\/em><\/strong><strong>, est-ce que vous pouvez parler aussi un peu de votre travail de critique litt\u00e9raire et de la dimension critique notamment d\u2019<\/strong><strong><em>En attendant Nadeau<\/em><\/strong> <strong>?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Oui, le principe dans la cr\u00e9ation d\u2019<em>En attendant Nadeau<\/em> et son principe directeur c\u2019est de consid\u00e9rer ce qui nous interroge dans le monde, dans le r\u00e9el, dans les relations sociales, politiques, esth\u00e9tiques, tout ce qui peut interpeller qui que ce soit qui a un cerveau, mais de toujours penser par le biais d\u2019autre chose, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on part toujours des livres pour parler, on ne prend pas un parti, on n\u2019ordonne pas une pens\u00e9e pr\u00e9\u00e9tablie ou pr\u00e9con\u00e7ue, mais on se glisse dans le hasard du calendrier de nos publications, dans ce qui nous arrive et dans ce qui anime le champ pr\u00e9sent de l\u2019\u00e9dition, que ce soit en sciences humaines, en litt\u00e9rature, en po\u00e9sie, ou n\u2019importe quoi et, \u00e0 partir de l\u00e0, de projeter un regard qui, collectivement, puisque c\u2019est un journal qui est tr\u00e8s fourni en collaborateurs avec une r\u00e9daction tr\u00e8s ample, de pouvoir penser un peu notre situation dans le monde au travers des livres dans une temporalit\u00e9 qui est un peu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celle des \u00e9v\u00e9nements qui nous assaillent en permanence et qui nous contraignent \u00e0 une forme d\u2019urgence permanente, de r\u00e9action permanente. C\u2019est, donc, de prendre un peu de champ et d\u2019articuler en m\u00eame temps du pur pr\u00e9sent, de ce qui se passe, et puis une r\u00e9flexion un peu plus en cours et qui s\u2019inscrit dans une histoire ancienne, puisqu\u2019on est un groupe qui travaille ensemble depuis maintenant&#8230; <em>En attendant Nadeau<\/em> n\u2019a que sept ans, mais cette \u00e9quipe-l\u00e0 existe depuis la fin des ann\u00e9es soixante, donc c\u2019est vraiment une histoire longue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u00e0 vous avez parl\u00e9 de la centralit\u00e9 du livre, mais on est au Salon de la Revue, et pour <\/strong><strong><em>Ent\u2019revues<\/em><\/strong> <strong>c\u2019est quand m\u00eame la revue des revues. Comment faire dialoguer cette centralit\u00e9 du livre et le monde des revues aussi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous distinguez livre et revue et je ne suis pas absolument convaincu qu\u2019il faille. Moi j\u2019aurais plut\u00f4t une tendance \u00e0 penser en termes de textes, de formes de textes et d\u2019action du texte, d\u2019intervention par l\u2019\u00e9crit dans le monde. \u00c7a peut prendre plein de formes, qui vont d\u2019exp\u00e9riences esth\u00e9tiques un peu radicales jusqu\u2019\u00e0 de la science humaine hyper pointue, la psychanalyse, enfin, peu importe le sujet, mais qu\u2019en tout cas, des gens interviennent dans le champ du monde, que ce soit le champ social ou le champ intellectuel et qui choisissent des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes, et elles ne sont pas du tout, \u00e0 mon avis, concurrentes, elles sont compl\u00e9mentaires. Souvent, les revues peuvent \u00eatre con\u00e7ues (c\u2019est un bon moyen de les penser je crois) comme des laboratoires, des incubateurs. On est dans une soci\u00e9t\u00e9 hyper lib\u00e9rale, \u00e9conomiquement tr\u00e8s capitaliste, dans laquelle on promeut comme \u00e7a, en permanence, l\u2019intervention ou la cr\u00e9ation, par des petits groupes de gens, d\u2019une forme d\u2019intelligence collective (la Silicon Valley ou Sophia-Antipolis pour le dire vite), et, en fait, je crois que les revues elles sont l\u00e0, et elles ont un r\u00f4le qui est d\u2019autant plus important \u00e0 mon avis : c\u2019est que, contrairement aux livres, (je pense que c\u2019est \u00e7a qui les distingue), elles promeuvent une activit\u00e9 collective, quasiment toutes les revues. Il y a des revues qui sont des objets particuliers, qui ont un seul animateur, elles se comptent quand m\u00eame sur les doigts des deux mains depuis cinquante ans. La r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est que c\u2019est aussi un lieu qui fait du texte un lieu de socialit\u00e9, un lieu de production collective, d\u2019interrogation et de rem\u00e9diation permanente. D\u2019ailleurs, la majorit\u00e9 de gens qui font des revues lisent des livres et\/ou en \u00e9crivent et, donc, c\u2019est un champ particuli\u00e8rement agit\u00e9 de la production de textes. Des textes, des images, et leur relation, on peut penser \u00e7a \u00e0 l\u2019infini. Et, donc, effectivement, ce n\u2019est pas une concurrence, je crois, c\u2019est une forme de cousinage qui fonctionne, et puis il y a ce c\u00f4t\u00e9 avec les revues qui est, effectivement, un truc tr\u00e8s \u00e9mulsif, et le Salon essaye de repr\u00e9senter \u00e7a : c\u2019est \u00e0 la fois accueillir plein de gens qui ont besoin de parler et n\u2019ont pas beaucoup d\u2019espaces, et, en m\u00eame temps, de les penser ensemble parce qu\u2019en fin de compte \u00e7a fait des communaut\u00e9s, \u00e7a fait une sorte de communaut\u00e9 amicale dans laquelle il y a une convivialit\u00e9 qui est particuli\u00e8re qu\u2019on trouve dans peu de salons, je trouve, c\u2019est un peu la marque du Salon de la Revue, d\u2019\u00eatre sympathiques, intelligents, un peu pointus, parfois un peu chiants, mais, en m\u00eame temps, chaleureux et \u00e9nergiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>On va faire une petite question en apart\u00e9. Personnellement, ce qui m\u2019int\u00e9resse dans Sens Public c\u2019est qu\u2019il y a vingt ans, c\u2019\u00e9tait r\u00e9volutionnaire de faire une revue num\u00e9rique. Aujourd\u2019hui, apr\u00e8s la pand\u00e9mie, je pense que le r\u00e9volutionnaire c\u2019est le papier, c\u2019est le face-\u00e0-face, c\u2019est l\u2019\u00e9change, parce que c\u2019est tr\u00e8s facile de faire le tout distanciel aujourd\u2019hui, de faire les choses \u00e0 distance, on s\u2019est accommod\u00e9 dans un certain sens, et ce que montre le Salon de la Revue, notamment en comparaison avec d\u2019autres ann\u00e9es, c\u2019est que \u00e7a bouge, qu\u2019il y a du monde, et \u00e7a depuis plus de trente ans et vingt ans \u00e0 la Halle des Blancs-Manteaux. En tout cas, depuis que j\u2019y suis, il y a cinq ou six ans, cela se tient avec grand succ\u00e8s, y compris apr\u00e8s la pand\u00e9mie, voire encore plus. Comment expliquez-vous cela notamment \u00e0 cette p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019on nous dit \u00e0 chaque fois que le format papier va dispara\u00eetre ou au moins il est remis en cause ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais vous faire une r\u00e9ponse qui ressemble \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente. \u00c7a s\u2019est particuli\u00e8rement accentu\u00e9 en France, il y a une forme de mise en concurrence permanente des id\u00e9es ou une conflictualit\u00e9. C\u2019est comme si, si on \u00e9tait pour quelque chose, automatiquement on devait \u00eatre contre autre chose. \u00c7a c\u2019est tr\u00e8s fran\u00e7ais, c\u2019est comme \u00e7a, \u00e7a fait partie du charme hexagonal, sauf que c\u2019est un peu faux, en fait. Et, exactement comme je le disais tout \u00e0 l\u2019heure, je vais faire la m\u00eame r\u00e9ponse, c\u2019est que moi je n\u2019y vois pas ou je n\u2019y vois trop pas une concurrence. \u00c9videmment, il y a eu une rupture, une forme d\u2019agression par rapport \u00e0 une tradition de la part de l\u2019apparition et du d\u00e9veloppement des supports num\u00e9riques, mais ils ne sont pas du tout, \u00e0 mon avis, concurrentiels. J\u2019ai parl\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure des formes d&rsquo;intervention \u00e9crite, c\u2019est la m\u00eame chose. Tout d\u2019un coup, on donne un texte \u00e0 lire o\u00f9 l\u2019on partage une id\u00e9e. Il y a plein de moyens de le faire : on peut le faire sur Internet, on peut le faire sur papier, on peut le faire sur les deux, c\u2019est s\u00fbrement maintenant une formule qui est tr\u00e8s courante, parce qu\u2019en fin de compte, on voit bien qu\u2019on ne s\u2019adresse pas au m\u00eame type de lectorat, ou en tout cas \u00e0 des lectorats qui n\u2019ont pas les m\u00eames pratiques, les m\u00eames usages de la forme \u00e9crite, et cette rupture n\u2019est pas du tout g\u00e9n\u00e9rationnelle, l\u00e0 aussi il y a encore un clich\u00e9 comme quoi les jeunes seraient hyper connect\u00e9s, ce n\u2019est pas sp\u00e9cialement vrai : la majorit\u00e9 des jeunes revues qui se cr\u00e9ent par des jeunes \u00e9quipes sont, comme vous dites, peut \u00eatre une forme de radicalit\u00e9 face au monde, parce que, quand on est mineurs, entre guillemets, on r\u00e9siste, on se place contre, on se place en face, on recr\u00e9e une conflictualit\u00e9 pour exister, pour faire r\u00e9agir en face, et je crois qu\u2019il y a eu un moment o\u00f9 Internet a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important, puis cet usage-l\u00e0 est rentr\u00e9 dans les pratiques : il va depuis la mani\u00e8re dont on commande des v\u00eatements sur internet jusqu\u2019\u00e0 comment on peut d\u00e9battre du troisi\u00e8me alin\u00e9a du <em>Tractatus Logico-Philosophicus<\/em> de Ludwig Wittgenstein avec un ta\u00efwanais cingl\u00e9, bon, tout \u00e7a est possible, et ces modalit\u00e9s d\u2019intervention-l\u00e0 elles sont cousines aussi. Ce qui est plus compliqu\u00e9 c\u2019est que les formes num\u00e9riques n\u2019ont rien \u00e0 proposer physiquement, donc venir dans un salon quand on est une forme num\u00e9rique est toujours un peu complexe, parce que, que montre-t-on au public qui n\u2019est pas, tout simplement, assis dans son coin de canap\u00e9 tr\u00e8s confortablement en mangeant une gaufre ? Mais il y a une forme de combinaison qui me semble int\u00e9ressante, \u00e7a cr\u00e9e des temporalit\u00e9s de lecture qui sont diff\u00e9rentes, il y a des formes de pause ou des formes d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration, c\u2019est comme dans le monde dans lequel on vit, et tout \u00e7a on le vit, en fin de compte, comme un tout, et on diversifie nos pratiques. Il y a vingt ans, quand on \u00e9coutait la radio, il y avait le plaisir de prendre une \u00e9mission au hasard, et c\u2019est quelque chose que les gens ne font quasiment plus, \u00e0 part le matin pour les infos, mais sinon on \u00e9coute un podcast, on \u00e9coute un replay, m\u00eame quand on regarde Arte, on fait la m\u00eame chose. Toutes ces pratiques-l\u00e0 ont chang\u00e9, on nous annonce depuis quarante ans la fin du livre, la fin du cin\u00e9ma. Je me rappelle quand on a fait le cin\u00e9ma en 3D, c\u2019\u00e9tait cens\u00e9 n\u2019avoir plus de films, mais il y a eu cinquante films en 3D avec des lunettes, machin, et plus personne ne regarde des films avec des lunettes, \u00e7a existe, mais on regarde le cin\u00e9ma comme il y a 35 ans, et je pense que dans 35 ans on regardera toujours le cin\u00e9ma pareil. Et, donc, je pense qu\u2019on lira des choses intelligentes, et ce qui est int\u00e9ressant c\u2019est qu\u2019est-ce que les gens ensemble ont \u00e0 dire dans le monde. Et puis, il y a ce jeu d\u2019\u00e9chelles avec les revues ; on recr\u00e9e des communaut\u00e9s. On parle \u00e0 des gens comme \u00e7a, et puis \u00e7a essaime, c\u2019est assez beau. Et puis, un truc, effectivement qui contre un peu la temporalit\u00e9 hyper-rapide du monde o\u00f9 on switche, on zappe, voil\u00e0&#8230; il y a des gens qui prennent un peu de temps ensemble pour faire quelque chose qui prend un peu de temps, quel qu\u2019il soit le champ dans lequel ils interviennent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Et juste une derni\u00e8re question : \u00e0 un moment vous avez parl\u00e9 de texte et image et vous \u00eates pass\u00e9 du texte \u00e0 l\u2019image en attribuant une sorte de valeur textuelle \u00e0 l\u2019image, et ce que nous on a not\u00e9 en tant qu\u2019observateurs aussi de ce Salon c\u2019est que cette ann\u00e9e en particulier il y a une attention sp\u00e9ciale aux images. Il y a beaucoup de revues d\u2019images et qui se veulent des revues d\u2019images.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant de parler des revues qui font de leur objet l\u2019image, je crois qu\u2019il faut noter tout de suite que c\u2019est beaucoup plus facile techniquement de faire une revue aujourd\u2019hui que \u00e7a ne l\u2019\u00e9tait il y a vingt ans, parce que tout le monde a \u00e0 sa disposition des outils, et on revient au num\u00e9rique, qui permettent de faire les choses plus facilement ou de les faire soi-m\u00eame. On n\u2019a plus besoin d\u2019avoir un graphiste qui co\u00fbte tr\u00e8s cher, on est en relation directe avec son imprimeur, on n\u00e9gocie la qualit\u00e9 du papier, c\u2019est beaucoup plus facile. Et, donc, il y a eu depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es une augmentation de belles revues, ou, en tout cas, des revues qui font tr\u00e8s attention \u00e0 la dimension esth\u00e9tique de ce qu\u2019elles pr\u00e9sentent, et je crois que pour exister face au livre classique et pour trouver aussi une place en librairie il y a besoin, effectivement, de se faire remarquer, qu\u2019il y ait des jeux de format, des jeux de formes, beaucoup de couleurs, une qualit\u00e9 de papier, une mise en page, un soin qui est beaucoup plus important qu\u2019avant, en particulier chez les jeunes. Et l\u00e0 aussi, \u00e7a a forc\u00e9 des vieilles revues v\u00e9n\u00e9rables \u00e0 se dire \u00ab on ne peut plus faire une maquette toute grise et toute terne en pensant que le contenu va suffire, le contenu n\u2019y suffit pas, il y a un besoin de forme \u00bb. \u00c7a c\u2019est la premi\u00e8re chose. Puis, effectivement, il y a plein de revues qui interviennent directement sur l\u2019image. D\u2019ailleurs, cette ann\u00e9e on a fait un rang, une all\u00e9e au fond du Salon consacr\u00e9e \u00e0 des revues un peu bizarres. Dans <em>En attendant Nadeau<\/em>, d\u2019ailleurs, il y a une s\u00e9rie d\u2019entretiens qui s\u2019appelle <em>Dr\u00f4les de revues<\/em>, qui sont sur ces objets o\u00f9 l\u2019on se dit \u00ab est-ce que c\u2019est encore une revue ? \u00bb. Je pense \u00e0 <em>Vinaigrette<\/em> avec ce jeu de pliages, avec une photo, je pense aux interventions de <em>RADICAL(E)<\/em> ou aux jeux typographiques de nos amis norv\u00e9giens d\u2019<em>Alt G\u00e5r Bra<\/em>. Cette ann\u00e9e, je pense qu\u2019on les voit davantage parce qu\u2019elles sont ensemble, elles \u00e9taient un peu plus dispers\u00e9es dans le Salon avant. Apr\u00e8s, c\u2019est une vieille lune l\u2019id\u00e9e que l\u2019image est un texte, en fin de compte les revues ont solutionn\u00e9 \u00e7a depuis tr\u00e8s longtemps. On fait des choses, on propose des choses, exactement comme il y a des revues de bandes dessin\u00e9es tr\u00e8s belles, et puis des revues de bandes dessin\u00e9es sans texte, comme <em>\u00c0 partir de<\/em>, qui n\u2019est pas l\u00e0 cette ann\u00e9e, mais qui \u00e9tait pr\u00e9sente sur les pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9ditions. Il y a, effectivement, une forme d\u2019intervention, mais je pense que c\u2019est \u00e0 la fois une n\u00e9cessit\u00e9 par rapport au lectorat, et puis aussi des formes de pratiques, en particulier chez les jeunes \u00e9quipes qui aiment \u00e7a, tout simplement, ou qui ont un sens du beau ou, en tout cas, de quelque chose de dynamique, mais les revues sont des objets particuli\u00e8rement dynamiques. Il y a des revues qui changent tout le temps et qui se modifient, et puis dans le Salon \u00e7a change aussi : il y a un renouvellement entier \u00e0 peu pr\u00e8s tous les ans, et c\u2019est vrai que cette ann\u00e9e dans les all\u00e9es il y a beaucoup de couleur. Par exemple, dans votre all\u00e9e il y a <em>Mondes Arabes<\/em>, qui est une nouvelle revue par <em>La D\u00e9couverte<\/em>. Ils ont un grand kak\u00e9mono, c\u2019est violet, c\u2019est sobre, mais ce n\u2019est plus la revue universitaire tristounette faite par un maquettiste un peu mauvais dans le fin fond d\u2019une presse universitaire qui n\u2019en \u00e0 rien \u00e0 cirer du r\u00e9sultat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Merci beaucoup d\u2019avoir pris le temps de nous r\u00e9pondre.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>32\u00ba Salon de la Revue \u2013 Paris, 16 octobre 2022 Est-ce que vous pourriez vous [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_FSMCFIC_featured_image_caption":"","_FSMCFIC_featured_image_nocaption":"","_FSMCFIC_featured_image_hide":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-269","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=269"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":280,"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269\/revisions\/280"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=269"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=269"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.sens-public.org\/archipeleurope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=269"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}