Ce qui pourrait être autrement: X200 - première partie

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J’ai parlé de la nécessité de cultiver son jardin en ce qui concerne les environnements numériques. Les espaces numériques sont ceux où nous passons la plupart de notre vie (cela vaut pour la quasi-totalité de la population occidentale). Comme nous passons du temps pour aménager notre bureau, notre salon, il est indispensable de dédier des énergies - et de la réflexion - à la structuration de nos espaces de vie numériques.

Le premier espace numérique à aménager est - devrait être - l’ordinateur. Oubliez toute forme de tablette, téléphone ou autres gadgets de ce type. Dans ces cas, il est impossible d’aménager quoi que ce soit: vous êtes littéralement en prison - certains aiment vivre en prison, pas moi.

L’ordinateur est le seul dispositif permettant une appropriation et une organisation de l’espace de vie qui correspondent à des valeurs que nous choisissons et thématisons. Les systèmes d’exploitation propriétaires - Windows et MacOS - rendent désormais impossible toute prise sur votre machine: vous êtes aussi en prison. La seule manière pour être les protagonistes de l’organisation de notre espace de vie numérique est donc d’avoir une machine avec un système Linux.

S’ouvre alors un monde complexe, riche et pluriel. Linux en effet n’est pas un système d’exploitation, mais des milliers de distributions différentes, toutes hautement modulables et personnalisables. Pour continuer la métaphore de l’aménagement: MacOS et Windows sont des appartements modèles déjà meublés, tous à l’identique. Mêmes espaces, même architecture, mêmes meubles, mêmes décorations. Linux est un carré avec un toit. Vous pouvez construire vos cloisons, choisir votre mobilier, vous lâcher sur la décoration. Vous pouvez aussi choisir un modèle “clé en main”, mais n’est-ce pas un peu dommage? Organiser soi-même l’espace où l’on va vivre demande des efforts, mais c’est aussi beaucoup de plaisir.

Commençons à parler de mon espace spécifique - qui n’a pas vocation à être un modèle pour les autres, juste un exemple.

Depuis toujours j’utilise des systèmes Linux - si ce n’est le temps d’une parenthèse de quatre ans où la nécessité du travail m’avait poussé sur Mac (j’avais besoin de Final Cut et d’InDesign). J’ai utilisé plusieurs distributions (RedHat, Fedora, Suse, Ubuntu, PureOS, Trisquel, Debian…) et une multiplicité de GUI. Pour éclairer les non linuxiens: il existe plusieurs interfaces graphiques (GUI) qui fonctionnent avec les différentes distributions de Linux. Vous pouvez ainsi choisir ce qui vous convient le mieux en combinant distribution et interface graphique.

Ma dernière préoccupation était le fait que mes ordinateurs gardaient un BIOS propriétaire. J’étais sur Dell depuis une dizaine d’années, des machines plutôt bonnes, très compatibles avec Linux et en particulier avec Ubuntu. Mais Ubuntu devenant de plus en plus une imitation de MacOs - en particulier avec l’implémentation de Gnome par défaut et de toute une série de petites application Apple-like -, je commençais à me sentir étouffé. Je cherchais une machine complètement libre.

J’ai identifié deux solutions possibles - il y en existe peut-être d’autres. Le seul producteur qui construise un ordinateur libre à 100% (à savoir sans Intel Management Engine et avec un Bios libre) est Purism. Si on recherche un ordinateur neuf avec ces caractéristiques, il faut l’acheter chez eux. L’autre solution est d’acheter un ordinateur reconditionné chez Vikings. Cette compagnie, basée en Allemagne, fait un travail remarquable. Elle reprend des vieux X200 Lenovo et les reconditionne, installant un bon disque dur, ajoutant de la RAM, supprimant tout ce qui est propriétaire, configurant LibreBot… Le X200 est une machine connue pour sa facilité à être démontée et customisée ainsi que pour sa résistance: elle est indestructible - ou presque.

J’ai choisi cette solution, en partie grâce au retour d’expérience du collègue Robert Alessi, et je me suis retrouvé avec mon X200 tout neuf (tout étant relatif, il doit être de 2008) entre les mains.

Et c’est ici que le plaisir commence. J’en parlerai demain.

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